Au grand regret des amateurs de ruines, Houffalize n'a pu garder que quelques murs de son passé. Ce que le temps n'avait pu détruire le fut lors de l'offensive Von Rundsted, durant le rigoureux hiver 1944/1945.

 

ALTA FALESIA

L'érection du château, dont l'origine est inconnue, a considérablement influencé le développement de la cité.

Une légende rapporte qu'au 2ème siècle de notre ère, un seigneur du nom de Ranulphus, parvînt, pendant une partie de chasse, dans une vallée où subsistaient les ruines d'un ancien castel.

Le site lui plut et il obtint l'autorisation d'y construire une nouvelle demeure seigneuriale.

Un certain Winandus de Alta Falesia figure sur une charte de 1147. C'est la première mention connue du nom de notre ville et, par la même occasion, ce document nous révèle son origine étymologique :

la haute falise (ou roche) fait allusion à la situation surélevée du château. Alta Falesia fut romanisée en Hufalis (1176) puis s'est muée en Houffalise pour se fixer, à la fin du siècle dernier, en Houffalize.

 

LES SEIGNEURS DE HOUFFALIZE

Notre terre était autrefois une pairie dépendante de la seigneurie de La Roche. Nos seigneurs relevaient donc directement de celui de La Roche.

Le premier dont l'existence soit reconnue fut Winand de Houffalize (12ème). Ensuite vinrent Thierry 1er et son fils Henris qui lièrent leur nom à la fondation du prieuré du Val des Ecoliers (13ème). Entre la rue Saint- Roch et la route de Bastogne, un hôpital fut édifié au début du 13ème (approximativement sur l'actuel emplacement de la gendarmerie). Il est cité dès 1216 avec un cloître. Il est placé sous le patronage de Sainte Marie et de Saint Nicolas.

En 1235, Thierry de Houffalize et son fils Henris donnent l'hôpital, alors placé sous le patronage de Sainte Catherine, avec ses dépendances, aux chanoines augustins de Liège qui étaient soumis à l'ordre français du Val des Ecoliers. L'hôpital fut autorisé par les seigneurs de s'implanter au lieu-dit "Angulus" dès 1243 (cours de l'abbaye). C'est là que le prieuré du Val des Ecoliers s'établit définitivement jusqu'à sa suppression en 1784 par ordonnance de Joseph II.

   
  
 
L'église Sainte-Catherine et son presbytère s'y trouvent toujours. Elle protège les dalles funéraires des fondateurs: Thierry(+1244) et Henris (+1282), ainsi qu'un chef-d'oeuvre d'un atelier dinantais: l'aigle-lutrin (1370) et d'autres oeuvres d'art religieux.
Cette première lignée s'est éteinte au 14ème siècle. Le fief houffalois passa aux mains des d'Argenteau jusqu'au milieu du 15ème. Les de Mérode prirent la suite jusqu'en 1589, date du mariage d'Antoinette de Mérode avec un prince de Rivière. Enfin, le dernier seigneur de Rivière, sans enfant, céda son domaine à un cousin du nom de Zalusky. Ce dernier nomma un administrateur chargé de la gestion du bourg et de ses dépendances jusqu'à la révolution française.
Après son annexion à la France, Houffalize fut promue au rang de chef-lieu de canton, au sein de l'arrondissement de Neufchâteau, l'un des quatre arrondissements composant le département des Forêts, formé de la plus grande partie de l'ancien duché de Luxembourg.

 

LA VILLE

Notre cité reçu une charte de franchise et, dès 1283, on y parle des "maire et échevins ", dont la fonction était de rendre la justice aux bourgeois, habitants du bourg d'où leur surnom de "Bordjeux" encore utilisé aujourd'hui.

En fait, Houffalize se présente comme une seigneurie rurale dont le seigneur accorda une charte à ses paysans dans une franchise de moins d'un hectare, au pied du château et près du pont sur l'Ourthe. Considérons donc notre localité comme une "franchise rurale" dont les paysans sont des bourgeois.
Deux fois par an, notre ville connut ses jours de foire où chevaux, bovins et ovins affluaient. Ce privilège lui fut accordé en 1338 par Jean de Bohème et confirmé par Charles Quint.
Un acte de partage du château nous en donne une description (1627) et nous indique que cette place-forte était assez importante. Ce même acte révèle qu'Ernest de Rivière fit construire le troisième château de Houffalize à la même époque. Celui-ci subsista jusqu'à la deuxième guerre mondiale, il fut détruit durant les bombardements de l'hiver 1944/1945.

Au 15ème siècle, Renaud d'Argenteau ceint la ville d'une muraille ce qui laisse sous-entendre que notre modeste bourgade avait tout de même une certaine importance. Malheureusement pour les amateurs de vieilles ruines, c'est vers la fin du 18ème siècle que les armées de Louis 14 firent abattre l'enceinte (1688) et démantelèrent le château (1692).

Après la révolution belge, Houffalize conserva son titre de chef-lieu de canton. En 1830, elle connaissait une prospère activité économique (élevage de chevaux, de bovins et de porcins). Elle possédait également des tanneries, des imprimeries, des ateliers de charpenterie, de menuiserie, de charonnerie, de cordonnerie mais aussi des maréchaux-ferrants, des peintres, des maçons ainsi que d'autres métiers de moindre importance.

En 1863, l'administration communale fit détruire ce qui restait des ruines du château afin de construire, sur son emplacement, la maison et l'école communales.
En ce qui concerne l'activité économique, elle n'a fait que décroître au cours du 20ème siècle (il ne restait qu'une seule tannerie en 1937).

Durant la première moitié du XXème siècle
notre vallée était paisible et il y faisait bon vivre. Tout ceci bascula dans l'enfer de la deuxième guerre mondiale et tout particulièrement du 25 décembre 1944 au 6 janvier 1945. Un déluge de bombes la détruisit à 99% et ses habitants dénombrèrent environ 200 victimes sur une population de presque 1450 âmes.

Au sortir des jours sombres de la guerre, Houffalize fut reconstruite. Elle fit face à son proche passé sans pour autant l'oublier. Elle ne s'enlisa pas dans le souvenir de son passé et se tourna vers l'avenir et donc, vers ses enfants qui, persuadons-nous, sauront tenir compte des leçons de l'histoire et construiront un meilleur destin que celui de nos pères.

Imprimer | PDF | Envoyer